Planter des haies antidérive à proximité des habitations

Intérêts environnementaux Intérêts agronomiques Contraintes de mise en oeuvre Acceptabilité
Réduction de la dérive des produits phytosanitaires Services agronomiques et réservoir de biodiversité Temps de travail important à l’installation . Entretien régulier nécessaire Améliore l’image et l’acceptabilité sociale du vignoble

Une haie disposée au niveau de la limite de la parcelle agricole constitue un écran contre la dérive des produits. De plus, une haie apporte plusieurs services agronomiques et environnementaux : protection des sols contre l’érosion, effet brise-vent, régulation thermique, protection de la qualité des eaux. Elle présente également l’intérêt d’être un réservoir de biodiversité.

Quelle efficacité sur la réduction de dérive ?

Les haies implantées en bordure de parcelle filtrent le courant d’air portant la dérive. Des mesures effectuées derrière des haies dans les différentes cultures montrent des réductions très significatives des quantités de dérive circulant dans l’air ou se déposant au sol derrière la haie. Des études visant à étudier les performances des barrières physiques (haies naturelles et filets “antidérive”) sont en cours dans le cadre du projet Ecophyto DriftProtect (2023-2024) conduit par l’UMT ECOTECH (IFV-CTIFL-INRAe Montpellier).

Dispositif de mesure de la dérive en conditions contrôlées (UMT EcoTech)

Différentes mesures de dérive réalisées pour évaluer l’effet des haies ont montré une réduction de dérive comprise entre 74 et 96% en fonction du pulvérisateur utilisée pour une haie de 2,7m de haut située à 2m du dernier rang. L’efficacité pour la réduction de la dérive peut varier selon les caractéristiques physiques de la haie (hauteur, porosité…).

Réduction de la dérive arienne d’une voûte pneumatique grâce à une haie

Comment obtenir une haie antidérive efficace ?

Assurer la présence de végétation lors des traitements

Il faut que le feuillage des espèces constituant la haie soit suffisamment dense pour intercepter les gouttelettes de pulvérisation, dès les premiers traitements et jusqu’à la fin de la période d’application. Privilégier les espèces pérennes ou précoces pour les traitements de début du printemps. La haie doit être dense, homogène et sans interruption.

Assurer une hauteur minimale

Sa hauteur doit être au moins égale à celle de la vigne. Plus la haie est haute, plus celle-ci sera efficace.

Choisir des espèces adaptées

Choisir des espèces diversifiées, locales, faciles à entretenir et éviter les espèces envahissantes : cela permet d’optimiser les services rendus tout en minimisant l’entretien.

Mixer les espèces (4-5 espèces différentes) pour apporter de la biodiversité.

Entretenir sa haie

Veiller à avoir une haie homogène et sans trou avec une taille régulière, en automne ou hiver.

Prévoir si nécessaire des apports d’eau les premières années.

Remplacer les plants morts pour éviter les trouées dans la haie.

Actions complémentaires

En alternative à une haie naturelle, la mise en place de filets en bordure de parcelle permet de limiter la dérive de pulvérisation. Il est possible d’utiliser et de déployer les filets antidérives uniquement pendant les traitements, ce qui permet d’écarter les poteaux de 5 à 10 m au lieu de 2 à 3 m comme pour les brise-vent classiques. Ceci permet un moindre coût en matériel et main d’œuvre.

Pour approfondir le sujet

Un article sur l’évaluation de l’efficacité des filets antidérives.

Une plaquette pdf sur les systèmes antidérives.

Le guide complet du projet REPP’AIR (Fiches n°23 et n°24).